Magazine Brune

Juillet - Aout 2010

Édito

Petites culottes de coton
Non, désolée, il ne s’agit pas d’un article sur les tendances de la lingerie pour la prochaine saison. Encore moins d’un inventaire des tiroirs des jeunes dames allergiques aux matières synthétiques. Quant à un conte érotique, vous n’y pensez pas ! Pourtant c’est un conte que je me propose de vous narrer, pas un conte de fées mais une histoire bien contemporaine, avec le lot d’espoirs qu’elle charroie. Lorsque l’on évoque les termes de commerce équitable, de produits sains pour l’homme et sains pour la planète, on imagine toujours de grosses industries qui mettraient enfin dans leurs cahiers des charges la nécessité d’une production responsable, tant au niveau d’une fabrication non polluante pour la planète que de la rémunération plus juste de leurs fournisseurs. Mon histoire, c’est un peu cela, même si je doute un peu de la grande toxicité des culottes et soutien gorges en Lycra ou en dentelle synthétique.
En choisissant de se fournir en coton biologique au Burkina Faso, la marque de lingerie, accessoires et cosmétiques Victoria’s Secret qui s’est forgée Outre-Atlantique une belle réputation dans l’univers de la lingerie avec son concept de boutique-boudoir et ses offres à faire chauffer une carte de crédit, peut ajouter une mention très bien à son tableau d’honneur. En effet, cette entreprise synonyme de sexytude et de glamour dont le défilé annuel est aussi attendu que le père Noël par des millions de fashonistas, a signé un accord de partenariat avec l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPC-B) pour acheter leur production de coton bio selon les règles du commerce équitable. Et comme quoi les petites culottes en coton ne sont pas seulement une affaire de séduction, les producteurs burkinabé qui sont à 70 % des femmes, se frottent les mains. Avec cet or blanc cultivé sans engrais, ni irrigation, ni produits phytosanitaires toxiques, Victoria’s Secret va, en 2010, fabriquer 15 millions de tangas, strings, slips et tops divers en coton bio sous le label Burkina Fashion. Une collection accessible sur Internet et en Amérique du Nord, mais pas encore au Burkina, les fashion addicts locales préféraient paradoxalement le made in China. Aujourd’hui, les sous-vêtements bio ont permis aux productrices d’améliorer leur quotidien et avec leur prime de commerce équitable, de financer 22 forages dans les villages. Victoria’s Secret va certainement faire des émules, pourquoi pas Chanel ou Gucci ? En attendant la tendance la plus hype du moment à New York, c’est d’avoir au moins sa petite culotte Burkina Fashion, quitte à la montrer pour assurer qu’elle est belle et bio.

Sommaire

Brune

Icônes

  • Beauté moins et mieux
  • New beauté

A vrai dire

Affoussy Bamba, belle et rebelle

Nuits blanches

Voyageurs étonnants à Saint-Malo

Profil

Ngozi Okonjo-Iweala

Baobab

Quand les Black Diamonds brillent de mille feux

Ben

Itinéraire

Thione Niang

Zénith

  • Serge Letchimy
  • Patrice Tirolien

Baobab Business

L'Afrique, le marché en or du mobile

Nuits blanches

Africallia, un sans faute au Burkina